J’ai construit mon système hydroponique Dutch Bucket avec du matériel Leroy Merlin
Pas besoin de commander du matériel hydroponique spécialisé. J’ai construit ce système avec des composants faciles à trouver, pour obtenir une installation simple, évolutive et réparable.
🪴
6 buckets
🏡
Sous serre
💧
Hydroponie
🌱
4 cultures

BUDGET
~ 300 €
DIFFICULTÉ
Facile
MONTAGE
1/2 journée
ÉVOLUTIF
Oui
01 • LE PROJET
Pourquoi construire son propre système ?
Quand j’ai voulu me lancer sérieusement dans l’hydroponie, je me suis rapidement intéressé au système Dutch Bucket. Le principe est relativement simple, il convient bien aux plantes qui développent un système racinaire important et, surtout, il peut être construit soi-même sans acheter une installation hydroponique complète.
Pour ce premier montage, je suis parti sur 6 seaux, avec l’objectif de tester plusieurs cultures : tomates, cornichons, poivrons et courgettes.
Plutôt que de commander chaque composant auprès de boutiques spécialisées, j’ai volontairement choisi de partir sur du matériel facilement accessible en magasin de bricolage, notamment chez Leroy Merlin.
Ce choix n’est pas anodin et rejoint pleinement la philosophie DIY (Do It Yourself) du projet HydroYourself. L’idée n’était pas seulement de construire un système, mais de construire un système que je puisse comprendre, réparer et faire évoluer moi-même dans le temps.
Dans ce cadre, l’important était de pouvoir :
trouver facilement des pièces de remplacement en cas de panne ou d’usure,
adapter ou agrandir l’installation sans dépendre de composants spécifiques à l’hydroponie,
rester libre de modifier le système au fil des tests.
Une pompe tombe en panne ? Un raccord doit être changé ? Un seau supplémentaire doit être ajouté ? Je voulais pouvoir résoudre ces situations avec des éléments standards, disponibles localement, sans attendre une commande spécialisée.
Cette approche est aussi directement liée à l’objectif global du projet : comparer concrètement la culture en potager traditionnel et la culture en hydroponie. L’installation n’est pas seulement un système de production, c’est aussi un terrain de test réel, pensé pour observer les différences de rendement, de croissance et de contraintes entre les deux méthodes.
Ce premier système est donc volontairement simple. Il m’a permis de comprendre le fonctionnement réel d’un Dutch Bucket, d’identifier ce qui fonctionne bien et, forcément, quelques éléments que je construirais différemment aujourd’hui.
💡 CONSEIL HYDROYOURSELF
Avant d’acheter le matériel, dessinez le circuit complet…
02 • INSTALLATION
À quoi ressemble mon système Dutch Bucket ?
Le système repose sur 6 Dutch Buckets alimentés par une pompe immergée de 3 000 L/h.
Il a été conçu volontairement avec une architecture simple et des composants standards afin de pouvoir être entretenu, modifié ou agrandi facilement.
Avant d’entrer dans le détail du fonctionnement et du montage, voici une vue d’ensemble de l’installation utilisée pour ce premier essai.
Le système accueille actuellement plusieurs cultures aux besoins et aux développements différents : tomates, cornichons, poivrons et courgettes.
L’objectif est autant de produire que d’expérimenter : observer le comportement de chaque plante, ajuster les paramètres et identifier progressivement ce qui mérite d’être amélioré.
L’installation en quelques chiffres
6
BUCKETS
3000 L/h
POMPE
4
Cultures
40 L
RÉSERVOIR
ARGILE
SUBSTRATS
SERRE
INSTALLATION
Le fonctionnement général reste volontairement simple : la solution nutritive est prélevée dans le réservoir, distribuée vers chaque bucket, puis retourne dans le circuit afin d’être réutilisée.
Cette conception permet de conserver une installation compacte tout en laissant suffisamment de liberté pour modifier le nombre de buckets ou certains composants par la suite.
🔧 La pompe utilisée
L’installation fonctionne actuellement avec une pompe immergée annoncée pour 3 000 L/h.
Cette pompe n’a pas été achetée chez Leroy Merlin : je préfère donc vous présenter ici le matériel réellement utilisé plutôt que de recommander artificiellement une autre référence.
Nous reviendrons plus loin sur son dimensionnement, le débit réellement nécessaire et les critères à regarder pour choisir une pompe adaptée à un système Dutch Bucket.
03 • LE PRINCIPE DU DUTCH BUCKET
Comment ça fonctionne ?
Un système Dutch Bucket fonctionne en circuit fermé.
La pompe immergée prélève la solution nutritive dans le réservoir et l’envoie vers le seau placé plus haut. Un goutteur distribue ensuite cette solution au niveau du substrat et des racines.
L’excédent s’écoule vers le fond du seau, puis retourne naturellement vers le réservoir grâce au trop-plein et à la gravité.

Le cycle en 4 étapes
1. Pomper
La solution nutritive part du réservoir.
2. Irriguer
Le goutteur alimente le substrat et les racines.
3. Drainer
L’excédent descend vers la partie basse du seau.
4. Recycler
La solution retourne au réservoir et peut être réutilisée.
💡 CONSEIL HYDROYOURSELF
Le retour vers le réservoir doit toujours être suffisamment dimensionné. Une alimentation généreuse avec un retour trop petit finit généralement par transformer l’hydroponie en activité nautique.
04 • LE MATÉRIEL UTILISÉ
Ce qu’il faut pour construire le système
L’un des objectifs de ce projet était d’utiliser autant que possible du matériel standard, facile à trouver et simple à remplacer.
Une bonne partie de l’installation provient donc de Leroy Merlin, complétée par quelques éléments achetés ailleurs lorsqu’ils étaient plus adaptés ou indisponibles en magasin.
Voici les principaux composants utilisés sur mon installation.

Seau
Seau doseur plastique 16,6l
Seau permettant de stocker le substrat
Je recommande

Réserve d’eau
malles DIY SUNDIS 40L noir/rouge
Malles permettant de créer une réserve d’eau pour alimenter les seaux
Je recommande

Substrat
Billes argile NATUREN, 40 l
Substrat permettant aux racines de se développer
Je recommande

Alimentation eau
Pompe aquarium 3000l
Utilisé pour alimenter les seau
Je recommande
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05 • LE MONTAGE
Comment j’ai assemblé mon système Dutch Bucket
Une fois le principe défini et le matériel réuni, le montage reste relativement simple. L’essentiel est surtout de bien anticiper la circulation de l’eau avant de percer ou raccorder les différents éléments.
1. Positionner les buckets et le réservoir
J’ai commencé par installer les 6 buckets au-dessus du niveau du réservoir.
Cette différence de hauteur est indispensable : la pompe peut envoyer la solution nutritive vers les plantes, mais le retour vers le réservoir se fait naturellement par gravité.

2. Installer le circuit d’alimentation
La pompe immergée est placée dans le réservoir puis raccordée au tuyau principal.
Depuis cette ligne, chaque bucket reçoit sa propre alimentation afin que la solution nutritive soit distribuée au niveau du substrat.

💡 CONSEIL HYDROYOURSELF
Avant de couper les tuyaux, positionnez tout le circuit à blanc. Quelques minutes de préparation évitent généralement de découvrir après coup qu’un raccord aurait été beaucoup plus pratique 15 cm plus loin.
3. Construire le retour vers le réservoir
Chaque bucket est raccordé au circuit de retour.
L’eau excédentaire quitte le seau puis rejoint le réservoir grâce à la pente et à la différence de hauteur.
C’est probablement la partie du montage sur laquelle je recommande d’être le plus généreux : un retour légèrement surdimensionné est préférable à un circuit incapable d’évacuer correctement le débit envoyé par la pompe.
4. Tester le circuit avant d’ajouter les plantes
Avant d’installer le substrat et les cultures, j’ai fait fonctionner le système uniquement avec de l’eau.
Ce premier test permet de vérifier :
– l’étanchéité des raccords
– le débit dans chaque bucket
– le fonctionnement du retour
– l’absence de débordement
– et le niveau d’eau restant dans les seaux
Une fois le circuit validé, il ne reste plus qu’à installer le substrat, les plantes et préparer la solution nutritive.
Avant la mise en culture
Le montage terminé ne signifie pas encore que le système est prêt à produire.
Il faut ensuite régler correctement la solution nutritive, le pH et l’EC, puis surveiller leur évolution au fil de la culture.
C’est justement ce que nous allons voir dans le chapitre suivant.
06 • LES RÉGLAGES
pH CIBLE
6.0
EC mS/cm
2.0
IRRIGATION
1/20 min
SOLUTION
20 °C
Les paramètres que je surveille
Une fois le circuit en fonctionnement, le plus important n’est plus la plomberie mais la solution nutritive.
Sur mon installation, je surveille principalement le pH, l’EC et la fréquence d’irrigation.
Ces valeurs évoluent avec la croissance des plantes, la température et la consommation d’eau :
Je préfère donc les utiliser comme des repères plutôt que comme des chiffres gravés dans le marbre.
Le pH
Je cherche à maintenir le pH autour de 6.0 afin que les éléments nutritifs restent correctement disponibles pour les plantes.
Je le contrôle régulièrement et je ne corrige que lorsque cela devient nécessaire : vouloir ajuster le pH au dixième près à chaque mesure est souvent plus contraignant qu’utile.
L’EC
L’EC permet de suivre la concentration de la solution nutritive.
Je l’adapte principalement au stade de développement des plantes et à leur réaction. Une valeur plus élevée n’est pas automatiquement synonyme de meilleure croissance : le but est de nourrir correctement les plantes, pas de transformer le réservoir en bouillon de culture industriel.
Matériel que j’utilise :
testeur pH/EC :
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Solution nutritive :
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Ajusteur de PH :
Plagron – Solution de pH moins 1 litre Voir sur Amazon
💡 CONSEIL HYDROYOURSELF
Ne modifiez pas plusieurs paramètres en même temps. Si vous changez l’EC, le pH, l’irrigation et la nutrition le même jour, il devient quasiment impossible de savoir ce qui a réellement amélioré ou dégradé la culture.
L’irrigation
La pompe ne fonctionne pas en continu. Sur mon installation, elle est actuellement programmée pour fonctionner 1 minute toutes les 20 minutes.
Pour automatiser ces cycles, j’utilise une prise connectée sur laquelle est branchée la pompe. Cela permet de modifier facilement les horaires et la fréquence d’irrigation sans avoir à intervenir directement sur l’installation.
J’ai également installé une sonde de température dans la serre. Elle me permet de suivre les variations de température et d’adapter l’irrigation lorsque les conditions changent, notamment pendant les journées les plus chaudes.
La fréquence d’arrosage n’est donc pas une valeur fixe : elle dépend du substrat, de la température, du développement racinaire et de la capacité du système à conserver suffisamment d’humidité entre deux cycles.
⚠️ POINT DE VIGILANCE
Une prise connectée ou une sonde dépendant du Wi-Fi ou d’un service cloud peut perdre sa connexion. Il faut donc vérifier ce que fait l’équipement lorsqu’il devient hors ligne : certains appareils continuent d’exécuter leur programmation localement, tandis que d’autres peuvent ne plus appliquer correctement les automatismes prévus.
Pour une pompe d’irrigation, mieux vaut éviter qu’une simple panne de Wi-Fi puisse interrompre l’arrosage pendant plusieurs heures.
07 • MON RETOUR D’EXPÉRIENCE
Après avoir construit et utilisé ce premier système Dutch Bucket, le bilan est globalement positif.
Le principe est simple à comprendre, l’installation reste facile à modifier et l’utilisation de composants standards permet d’intervenir rapidement lorsqu’un élément doit être remplacé ou amélioré.
Mais comme souvent avec un premier montage, certains choix ne sont réellement évidents qu’une fois le système en fonctionnement.
CE QUE JE GARDERAIS
– Le système Dutch Bucket
– Matériel standard
– Billes d’argile
– Réservoir 40l
– Pompe 3000 L/h
– Flotteur pour remplissage automatique
CE QUE J’AMÉLIORERAIS
– Changer retour d’eau de 40mm à 50mm– Ajouter un réservoir tampon
– Pas de mélange de culture si pas de réservoir tampon
– Enterrer le réservoir pour garder de la fraicheur
– Poser les seaux aux sols pour les cultures grimpantes
– Prévoir du grillage pour les légumes grimpants
08 • CONSTRUIRE LE MÊME SYSTÈME
Voici la liste complète du matériel et de l’outillage utilisé pour réaliser cette installation.
Les quatre composants principaux sont détaillés plus haut.
Cette nomenclature regroupe également les raccords, consommables et outils nécessaires au montage.
Ce premier Dutch Bucket n’est certainement pas parfait, mais il fonctionne, il produit et surtout il m’a permis de comprendre concrètement ce que j’améliorerai sur la prochaine version.
Je continuerai à documenter son évolution, les réglages et les résultats obtenus sur HydroYourself.
Comprendre. Construire. Cultiver.













